Gouvernance, alignment des systèmes, rentabilité et financement

L'apprentissage fondamental — à savoir la maîtrise de la lecture, du calcul et des compétences socio-émotionnelles acquises dans les premières années de scolarité — constitue le socle du développement de compétences productives et d'une croissance économique inclusive. Si de nombreux pays africains ont élargi l'accès à l'éducation et pris des engagements nationaux fermes en faveur de l'apprentissage fondamental, les progrès en matière de résultats scolaires restent inégaux et souvent fragiles. Des goulets d’étranglement persistants au niveau du système continuent de limiter l’impact, notamment un faible alignement entre les politiques et leur mise en œuvre, des dispositifs de gouvernance fragmentés, une utilisation limitée des données et des systèmes de responsabilisation, ainsi que des inefficacités dans les dépenses d’éducation.

Dans le même temps, les pays sont confrontés à des pressions budgétaires croissantes : des recettes intérieures limitées, des priorités sectorielles concurrentes, des demandes démographiques croissantes, des réponses à des chocs récurrents et une part décroissante du financement extérieur. Ces réalités rendent impératif non seulement de mobiliser davantage de ressources pour l’apprentissage fondamental, mais aussi de veiller à ce que les financements disponibles soient dépensés de manière stratégique, efficace et à grande échelle.

La Déclaration d’action FLEX 2024, adoptée à Kigali, a souligné ce défi en appelant les gouvernements et les partenaires à accélérer les progrès grâce à une hiérarchisation ciblée des ressources nationales, à une meilleure rentabilité et à la généralisation des interventions fondées sur des données probantes. FLEX 2026 s'appuie sur cet engagement en mettant l'accent sur la transition entre les intentions politiques et les résultats mesurables, avec une attention particulière portée à la manière dont la gouvernance, l'alignement des systèmes et les choix de financement peuvent soit faciliter, soit entraver une mise en œuvre durable à grande échelle.

Le sous-thème 4 offre une plateforme aux décideurs politiques, aux praticiens, aux chercheurs et aux partenaires de développement pour partager des expériences nationales concrètes, des approches de financement innovantes et des enseignements sur l’alignement des systèmes et des incitations afin d’atteindre plus efficacement les résultats d’apprentissage fondamentaux. Des thèmes transversaux — tels que l’intelligence artificielle et les technologies éducatives — peuvent être abordés dans le cadre de ce sous-thème et d’autres sous-thèmes pertinents.

Vous trouverez ci-dessous une brève description de chacun de ces sous-niveaux relevant de ce sous-thème :

4a. Financement national, rentabilité et hiérarchisation budgétaire pour l'apprentissage fondamental :

Ce sous-thème explore comment les gouvernements peuvent élargir ou mieux utiliser leur marge de manœuvre budgétaire et garantir un financement adéquat, prévisible et durable pour l'apprentissage fondamental. Les discussions porteront sur la hiérarchisation des dépenses au sein des budgets de l'éducation, l'amélioration de l'efficacité allocative et technique, et l'utilisation de données sur la rentabilité pour hiérarchiser les investissements et lier plus directement les dépenses aux résultats d'apprentissage.

4b. Financement commun, partenariats public-privé (PPP) et mécanismes de financement axés sur les résultats :

Cette session examine des modalités de financement alternatives et complémentaires pour l'apprentissage fondamental, notamment les mécanismes de financement commun, les partenariats public-privé et le financement axé sur les résultats ou lié aux résultats. Elle examine les cas où ces modalités sont les plus utiles, les compromis qu'elles impliquent et les conditions dans lesquelles elles peuvent efficacement soutenir la mise à l'échelle et l'impact. La session mettra également en avant les nouveaux réseaux de bailleurs de fonds et les mécanismes de soutien à la disposition des gouvernements en matière d’apprentissage fondamental. Les intervenants partageront des enseignements sur la conception, le partage des risques, la responsabilité et les conditions dans lesquelles ces approches peuvent renforcer l’appropriation, l’échelle, l’équité et l’impact.

4c. Gouvernance, alignement des systèmes et mise à l’échelle :

Ce sous-thème se concentre sur les conditions institutionnelles et systémiques nécessaires pour traduire le financement en résultats. Il explorera les leviers pratiques permettant l’alignement entre les éléments clés du système (par exemple, les programmes scolaires, l’enseignement, l’évaluation, le soutien aux enseignants, l’allocation et les dépenses budgétaires, les politiques et la volonté politique). Il explorera également le rôle des parlementaires dans le processus budgétaire et dans la mobilisation de ressources pour l’apprentissage fondamental. Il abordera en outre les leviers les plus efficaces pour défendre les budgets de l’éducation dans les pays soumis à des pressions budgétaires, ainsi que la manière d’impliquer efficacement les ministères des Finances dans la budgétisation de l’apprentissage et la protection des budgets de l’éducation dans des environnements budgétaires contraints. Les discussions porteront sur les dispositifs de gouvernance, la coordination interministérielle et interinstitutionnelle, l’alignement entre les programmes scolaires, l’évaluation, la gestion des enseignants et les systèmes de financement, ainsi que sur les approches pratiques pour étendre les réformes tout en préservant la qualité.

4d. Économie politique et alignement des priorités des bailleurs de fonds et des gouvernements :

Cette session abordera les facteurs d’économie politique qui façonnent les investissements dans l’apprentissage fondamental, notamment les incitations, les intérêts des parties prenantes, les compromis et les dynamiques entre parties prenantes qui déterminent la faisabilité, l’enchaînement et la durabilité des réformes. Elle explorera également comment un alignement plus fort entre les priorités gouvernementales et le soutien des partenaires de développement peut améliorer la prévisibilité du financement, réduire la fragmentation et renforcer l’efficacité et la durabilité des réformes.